Activité première et essentielle dans Venise,
marcher... et même, de préférence: se perdre. À Venise, il faut marcher au hasard, en choisissant un point de départ dans un quartier et puis aller ensuite au hasard des calli. Parmi mes quartiers de
prédilection, d'abord Castello, celui de la Residenza Maria Ausiliatrice,
parce que c'est un quartier où l'on entend essentiellement parler le dialecte vénitien, où l'on peut observer les habitants (les vrais) de Venise à la fin d'une journée de travail (mères de
famille, pêcheurs et commerçants) papotant dans les jardins de la Biennale tout près de la fontaine aux tortues (ci-contre)... Ici, la quantité de linge étendu par un système de poulies
entre les murs et fenêtres des étroites ruelles (calli) révèle la présence
d'une vraie vie vénitienne, comme c'est le cas aussi dans le quartier universitaire (Ca'Foscari a Santa Marta cf. façade ocre ci-contre) dans Dorsoduro où une autre vie (étudiante celle-ci) anime un quartier aux commerces loin des touristes mais proche quand même de l'agréable Campo Santa Margherita (sur lequel se concentrent les meilleurs gelatai de Venise et
la vie étudiante jusque tard le soir).
Il faut tout de même prendre un billet de vaporetto pour plusieurs heures (ex. 72h ticket à 30 €), au moins pour
faire et refaire le Grand Canal de nuit, de jour, où le tour de l'autre côté, par le Canale della Giudecca... Pour cela, c'est idéal de loger du côté des Giardini (della Biennale). Double avantage: moins de surcharge sur les vaporetti pour se rendre à San Marco et autres coins aux
vaporetti surpeuplés, et profiter d'un quartier tout vénitien et calme (quel bonheur, le petit déj' à 1,60 € - un croissant italien + un café - au bar du quartier avec les mamies vénitiennes qui
y papotent en sirotant leur café dès 8h30 du matin!!)
Il faut aussi marcher du côté de et dansl'Arsenal (haut lieu de la Biennale et peut-être l'un des lieux les plus fascinants qui soit à Venise - ci-contre, une grue et l'intérieur du Teatro alle Tese, dans l'enceinte de l'Arsenal) et surtout, le visiter à la tombée de la nuit: il règne en ce lieu une atmosphère si particulière, dans un silence si extraordinaire, que l'on se sent en un lieu abandonné
et néanmoins imprégné de secrets jalousement conservés et préservés; on s'y sent comme dans un film de Kieslovski où le temps n'est pas celui qu'on croit... la Double vie de
Venise...[cliquer sur les photos]
Pour en finir avec l'étape vénitienne, un petit memorandum en forme de carnet de route de quelques
curiosités à ne pas manquer. D'abord, voir et revoir l'impressionnante église San Pantalon sur le Campo San Pantalon (vue ci-contre). Considéré comme le plus grand des plafonds peints, celui de l'église San Pantalon, située dans le quartier de Dorsoduro juste
après l'agréable Campo Santa Margherita, fut exécuté par l'artiste Fumiani qui y consacra vingt cinq ans de sa vie, dans cette église où il est enseveli. Ne manquez pas non plus les Gallerie
dell'Accademia (pas si fréquentées que cela et pas si cher non plus): on y adorera toujours le (just restaured!) Saint Sébastien de Mantegna et les Gentile Bellini et bien sûr les quelques Tintoretto. Mais le repaire du Tintoret, c'est quand même la Scuola Grande di San Rocco où l'on peut voir une Crucifixion d'une grande intensité dramatique ainsi que d'autres oeuvres du Tintoret toutes aussi fascinantes. Possible aussi de faire une petite
virée à Murano, mais uniquement pour y faire de jolies photos, ou y observer les souffleurs de verre qui travaillent dans une chaleur incroyable et des conditions de sécurité,
disons... surprenantes, parce que sinon, la verroterie y est globalement assez kitsch...[Cliquer sur les
photos pour les agrandir, vers l'album photo Italies].
Nuages de lait