Mardi 19 décembre 2006
Avez-vous jamais remarqué que lorsqu'on réagit, lorsqu'on répond à quelque chose totalement, de tout son coeur, très peu de mémoire s'y attache? ...un visage, un oiseau, la couleur d'un sari, la beauté d'une nappe d'eau brillante de soleil, ou tout autre objet délectable; si vous pouvez la regarder sans que l'expérience se répète, aucune douleur, aucune crainte n'interviendront, et il se produira une joie immense. C'est la lutte en vue de répéter et de perpétuer le plaisir qui devient de la souffrance. Observez cela en vous. Vouloir cette répétition, c'est inviter la douleur, car l'expérience d'hier, répétée, n'est plus la même... On ne peut pas avoir peur de l'inconnu pour la simple raison qu'on ne le connaît pas. Je dis bien que pour vivre complètement, totalement, chaque journée, en tant qu'elle présente une beauté toute neuve, on doit mourir à tout ce qu'était la journée d'hier, sans quoi on vit mécaniquement et on ne peut savoir ce qu'est la liberté.
Voir est une des choses les plus difficiles au monde: avez-vous jamais essayé de regarder un élément quelconque du monde objectif - un arbre, par exemple - sans les associations et les connaissances que vous avez acquises à son sujet, sans préjugés sans jugements, sans aucun des mots qu'on vous en a dit, qui font écran entre vous et l'arbre et qui vous empêchent de le voir tel qu'il est dans la réalité?
[Krishnamurti, Se libérer du connu, Paris, Stock, 1996]
Voir est une des choses les plus difficiles au monde: avez-vous jamais essayé de regarder un élément quelconque du monde objectif - un arbre, par exemple - sans les associations et les connaissances que vous avez acquises à son sujet, sans préjugés sans jugements, sans aucun des mots qu'on vous en a dit, qui font écran entre vous et l'arbre et qui vous empêchent de le voir tel qu'il est dans la réalité?
[Krishnamurti, Se libérer du connu, Paris, Stock, 1996]









Nuages de lait