Le cinéma italien contemporain est décidément coutumier des sujets casse-gueule.. sans jamais se casser la gueule. Mais tout de même, un
film qui avance au rythme de la vie d'un cloître de jésuites vénitiens, sur l'île de San Giorgio Maggiore, un film où il ne se passe rien mis à part les atermoiements des personnages en proie au
doute sur l'existence de Dieu (personnages appelés à méditer sur les rencontres effectuées dans leur journée, journées où ils ne rencontrent précisément personne d'autre que leurs compagnons de
retraite), un film comme celui-ci laisse quelque peu perplexe. Cinématographiquement, c'est parfait, c'est même très bien mis en scène, mais sur le fond il est difficile de se sentir totalement
concerné par les deux personnages principaux, celui qui trouve la voie de la foi en Dieu et celui qui y renonce.In Memoria di me, en tout cas, seule l'Italie était susceptible de le produire, du moins sous cette forme et avec ce
contenu. Vu le 30 avril 2008. Note : **
Embarqué par la musique (parfois fellinienne) deBruno Coulaiset par les images d'un monde aussi fascinant
que ceux des films deTim Burton, le spectateur (adulte ou enfant de plus de 6 ans) sort deMax & Coavec l'envie d'y retourner pour mieux voir ce qui lui a
échappé dans ce foisonnement de détails visuels qui enrichissent ce petit bijou de film d'animation (prix du public au Festival du film d'animation d'Annecy). Une profusion de clins d'oeil teintés d'un humour "faisant mouche" (c'est le cas de le dire...voir la scène de l'oraison funèbre du prêtre de
Saint-Hilare à Madame Doudou, la marmotte matronne) nourrissent ce film hyper réussi: cela va duFabuleux destin d'Amélie Poulain(la scène à deux sur la trottinette),
à l'Étrange Noël de Mr Jack(et d'autres allusions ont dû m'échapper). Les voix deLorant Deutschet deSanseverino,que l'on reconnaît vite, font le reste, dans ce monde
fantasmatique, fabuleux et néanmoins capitaliste, où un homme araignée (forcément..), associé à une mouche capitaliste et décadente, invente des mouches mutantes pour s'enrichir en vendant
toujours plus de tapettes à mouches, et où les musiques d'ascenseur deviennent de désopilants orchestres d'ascenseur. À voir absolument!
LeSite officiel du film. Surle film, son histoire et sa
conception... Vu le 21 mars 2008. Note: ***
Pour qui a vécu quelques années dans le département du Nord (ce qui est mon cas), on aimera Bienvenue chez les Ch'tis tant pour sa tendre dérision (ou auto-dérision) que pour sa grande capacité à faire revivre dans
le coeur du spectateur qui connaît bien le Nord l'âme même de la région: la simple générosité des gens qui ouvrent leur porte et offrent leur table, ou se liguent, solidaires, tout
simplement pour aider à se dénouer une situation affective compliquée, avec humour et tendresse. Les situations loufoques dans lesquelles se retrouve Kad Merad fraîchement parachuté du Midi reposent essentiellement sur un comique de langage désopilant. Pliée, j'étais,
à la scène du "je t'appelle et je te dis quoi" (un exemple parmi tant d'autres de la réussite des dialogues de ce film). Bref, il faut ch'ty aller (Line Renaud y est extra et la brève intervention de Michel Galabru décrivant le "Noooord" à Kad Merad sur le point de faire ses valises, tordante), mais il faut attendre peut-être que le succès se décante un
peu: c'est peu de dire qu'il y a foule, et à moins d'arriver assez tôt avant la séance (ou d'y aller à une séance tard le soir), on risque de rester dehors...
Note: ***. Vu le 7 mars 2008
Nuages de lait