Le barbier de Séville au Lucernaire

Publié le par Civetta

Beaumarchais, c’est un peu le Feydeau de la fin du XVIIIe siècle, et dans Le Barbier de Séville le vaudeville s'alimente aussi de quiproquos à la Marivaux, de traits d’esprits à la façon des Lumières, et d'un irrésistible comique de situation... Le siècle des mots d’esprits y est incarné par un Figaro (Sébastien Azzopardi, qui est aussi le metteur en scène) clairement porte-parole de l’auteur. Avec sa gouaille enjouée et jubilatoire, il est celui qui s’amuse de ses propres traits d’esprit, non content de tourner en dérision ceux qui l’entourent...tel le loup dans la bergerie. Son personnage, grâce à une mise en scène qui a bien saisi cette finesse de ce texte teinté de polémique, a toujours le regard détaché de celui qui semble extérieur à la pièce, avec le recul ironique et amusé des valets dont le regard est une sorte de relai de celui du spectateur: nous rions de son rire, nous rions des acteurs qui visiblement s’amusent autant que lui dans ce théâtre de salon, comme en un salon mondain (Beaumarchais a d’abord écrit des oeuvres destinées à être jouées dans des salons privés) où les convives se seraient pris au jeu endiablé d’une comédie de leur crû...

À l’affiche au théâtre
Lucernaire jusqu’au 16 octobre (prolongations).
Le
site du spectacle. Photos.
Bande-annonce
, extraits...
 

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