De battre mon coeur s'est arrêté.

Publié le par Civetta

de battre mon coeur s'est arrêté

Autant le réalisateur Michel Audiard était connu pour ses dialogues percutants, autant son fils Jacques Audiard se révèle passé maître dans les dialogues de ceux qui se parlent autrement qu’avec les mots. Le dialogue de sourds, par les mains, par les regards, par les gestes, par les silences ou par les langues étrangères (la jeune chinoise Mao-Lin dans De battre mon coeur s’est arrêté), telle est la voie de communication par laquelle les personnages des films de Jacques Audiard semblent le mieux se faire comprendre. C’était déjà le cas dans Sur mes lèvres, ça l’est à nouveau dans De battre mon coeur s’est arrêté, où Romain Duris incarne un jeune homme atteint d’autisme artistique dans sa hargne à vouloir sortir du milieu d’escrocs qui l’entoure, et à devenir pianiste concertiste. La façon de filmer souligne que le point de vue est constamment celui de ce personnage, avec toutes les douleurs, les violences et les émotions qu’il est conduit à endurer.

La scène la plus bouleversante est celle où Thomas (Romain Duris) retrouve un enregistrement au piano de sa mère (ex-concertiste) jouant le Nocturne Op.72 n°1 en mi mineur de Frédéric Chopin (Extrait 9, disque 2). C’est à ce moment précis du film que notre coeur se remet à battre avec celui de Thomas, une élévation salvatrice en plein coeur de la violence...

La BO du film.
Vu le 19 août 2005. Note: ***.

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