Underground (Emir Kusturica)

Publié le par Civetta

Underground (Emir Kusturica)

Y a-t-il quelqu’un dans la salle pour m’expliquer Underground de ce cher Emir Kusturica qui, il y a peu, m’enchanta pourtant avec La vie est un miracle? Je ne sais pas si c’est le jury de Cannes qui avait fumé la moquette des marches toute entière pour lui attribuer alors la Palme d’or en 1995, mais personnellement, je n’ai strictement rien compris à ce film (pour ne pas dire: ce fatras). La mise en scène déjantée est habituelle chez Kusturica, certes, mais là, on se surprend à penser que c’est du grand n’importe quoi. Au bout d’un moment, on en a assez d’assister aux mêmes scènes de types bourrés sur fond de fanfares rabachant Otchi Tchornia, quand il ne faut pas supporter les scènes d’hystérie totalement arbitraires de l’actrice incarnant Nataljia. Seul intérêt du film: j’ai eu comme l’impression que Kusturica cherchait à parler de la difficulté, pour l’art (et donc le cinéma) à dire la vérité sur l’Histoire, ce qui fait qu’il empile les mises en abîmes, comme pour dire que le mensonge est peut-être la vérité et inversement (vous suivez toujours??): on se sait plus si les personnages enfermés dans la cave sont véritablement mystifiés par un communiste révolutionnaire leur laissant croire pendant 15 ans que la guerre continue, ou par un metteur en scène ayant pété un plomb et se mettant en scène lui-même en train d’observer ses personnages débloquer... En tout cas, face à un tel chaos, c’est le spectateur qui décroche en se demandant si Kusturica ne s’est pas laissé dépasser par son film, “une histoire sans fin”, nous dit-on à la fin, bien contents que ça finisse... enfin!!!
Vu le 18 août 2005. Note: *

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