Charlie et la chocolaterie

Publié le par Civetta

Les conséquences de la relation d’un père à son fils, c’était déjà le thème de Big Fish, du même Tim Burton. Ici, le chocolatier Willy Wonka, incarné par un Johnny Depp au mieux de sa forme, ne cesse de régler ses comptes avec un père dentiste qui l’a traumatisé dans son enfance en lui interdisant (pour son bien) de manger des bonbons... ce qui a valu à Willy un sourire étincelant (arboré par Johnny Depp dont les mimiques affables ou sarcastiques ne cessent de le mettre - sciemment sans doute - en valeur). L’acteur y est à la fois superbe, quasi méconnaissable mais en tout cas extraordinairement protéiforme, autrement dit excellent. L’esthétique (et les moyens) du film sont également à la hauteur. On regrettera peut-être que Tim Burton ait eu la main un peu lourde sur les scènes de comédies musicales par les Oopa-Laampas (la tribu des ouvriers de la chocolaterie), qui ponctuent le parcours itinérant dans l’usine... Mais le film atteint réellement des sommets de drôlerie et de cynisme à partir de la scène de la salle des écureuils trieurs de noix, et rien que pour ce morceau d’anthologie, il ne faut pas manquer Charlie et la chocolaterie. Les aspects épiques, fantastiques et étranges du film rappellent que le voyage en enfance est parfois celui d’Alice au pays de merveilles pas toujours si merveilleuses: le pays de Tim Burton, qui s'y auto-analyse (comme cinéaste et en tant qu'homme), et lance dans son cinéma-chocolaterie un Johnny Depp véritable Deus ex Machina qui fabrique le film sous nos yeux. Tim Burton, semble faire de sa chocolaterie comme une allégorie de son propre cinéma, jusqu'à l'auto-caricature, un peu comme si le spectateur était convié dans la salle des machines... (par exemple, le cinéaste n'a pas l'air de vouloir cacher, bien au contraire, la retouche en images de synthèse de quasiment tous les visages des personnages du film; et c'est bien trop outré pour être anodin).Voir le site du film.

Vu le 31 juillet 2005. Note: ***

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