Les soeurs fâchées

Publié le par Cécile Civetta

Les soeurs fâchées

Décidément, Isabelle Huppert (ici, Martine) est abonnée aux rôles de soeurs (les Soeurs Brontë) et de névrosées! Le film est d'ailleurs encadré par son personnage: elle ouvre les génériques de début et de fin d'une histoire où, en pantin glacial, elle tire les ficelles des personnages qui l'entourent de toute sa névrose tissée de frustrations explosives. Autour d'elle, les personnages sont des soeurs fâchées avec ce metteur en scène involontaire et tentent soit de lui échapper en vain, soit de la sauver lorsqu'il s'agit de l'énergie généreuse et incroyablement résistante de sa soeur Louise (Catherine Frot). Sorte d'antithèse amèrement réaliste des "Demoiselles de Rochefort" (citées lors d'une scène magnifique), "Les soeurs fâchées", c'est aussi la consécration de Catherine Frot qui atteint le sommet de son art dans la scène du repas, lorsque sa franche et spontanée autobiographie amoureuse renvoie impitoyablement tous les convives à leur lâcheté affective. Le goût de Catherine Frot n'est pas du goût de sa soeur Isabelle Huppert, mais il le devient lorsqu'il gagne le goût des autres. Vu le 9 janvier 2005. Note: ***

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