Lambert Wilson: lettres à Toulouse

Publié le par Civetta

Le Marathon des mots s’est ouvert aujourd’hui: j’avais choisi pour commencer cette série de lectures d’aller assister aux “lettres à ma ville” des toulousains et non toulousains parlant de Toulouse sur tous les tons, textes lus par Lambert Wilson et discrètement mais somptueusement accompagnés par la guitare de Bernardo Sandoval. Dans la grande salle comble du Théâtre National de Toulouse, la magie a opéré: de l’amour au rejet (cependant toujours affectueux) tout y passait de ce qui fait que la Ville Rose est ce qu’elle est. Poétiques, lyriques, percutants, tendres, les textes lus par Lambert Wilson suscitaient une émotion partagée par une salle qui savait bien de quoi il retournait. Avec quelques trouvailles savoureuses, dans cette lettre d’un clandestin reconduit (et éconduit), qui en veut presque à cette ville aux murs “couleur de saucisse”, à ses (aéronautiques et décriés) “cadres de haut vol”, mais qui dans sa rancoeur parle de Toulouse d’autant mieux... Et pour finir, la lecture (d’autant plus désopilante que Lambert Wilson n’y délaissait point son même flegme élégant et détaché) de naïves lettres d’enfants qui déclarent leur amour pour Toulouse comme on déclare sa flamme à la fête des Mères...Un régal, dont je suis sortie en regardant la Ville Rose avec les yeux de ces lettres-là...bref, le regard changé, embelli, partagé avec d’autres.

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