Qui m'aime me suive

Publié le par Civetta

Qui m'aime me suive

Pétage de plombs collectif dans Qui m’aime me suive de Benoît Cohen.
Julie Depardieu en fille cloche mais néanmoins lucide (et narratrice en voix off) est extra. Sublime, Romane Bohringer, qui est décidément une actrice de grande envergure, avec une palette de jeu étonnante, toute en subtilité: on se demande pourquoi Mathieu Demy (à la fois pathétique et héroïque) la délaisse autant pour l’ersatz de Françoise Hardy qui aurait piqué le look de Lou Doillon, rôle (très bien) tenu par Éléonore Pourriat... On retrouve dans Qui m’aime me suive les mêmes interprètes que dans le désopilant Nos enfants chéris... Certaines scènes tragi-comiques fonctionnent amèrement mais efficacement dans la drôlerie: en particulier lorsque Romane (Anna) serine à Mathieu Demy, d’une voix blanche, dans l’obscurité que “tu as trente-cinq ans, tu es médecin et je suis ta femme” et qu’il répond “arrête, on dirait un film d’horreur”, on ressent bien l’ambiguité de la plupart des personnages, quasiment tous mal à l'aise dans le rôle que le destin leur a assigné. Car c’est bien le sujet du film: prendre son destin en main... Facile à dire. D’autant que les feux verts du destin ne sont pas toujours ceux que l’on croit... à l’image de la sautillante (et néanmoins “solennelle”) Petite Messe de Rossini qui ponctue la fin du film, pour une BO qui est d’ailleurs l’élément peut-être le plus “crédible” de Qui m’aime me suive.
Les
bandes-annonces.
Vu le 16 juillet 2006. Note: ***

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