Brokeback Mountain

Publié le par Civetta

The secret of Brokeback Mountain

Dans la série des westerns modernes comme Trois enterrements, mais sur un thème bien différent, le succès de Brokeback Mountain est un succès mérité. La plus grande qualité de ce film, c’est la sobriété avec laquelle Ang Lee a mené la mise en scène: silences, regards, non-dits et paysages instaurent un climat qui interdit toute tentation larmoyante et privilégie la complexité subtile des rapports entre les deux personnages: Ennis Del Mar, dont la terrible histoire personnelle contribue au drame, et Jack Twist. Le cadrage des visages, souvent de demi-profil, accentue l'expressive intensité de certains silences et souligne le désarroi des personnages aux prises avec leurs propres sentiments. Car Brokeback Mountain, c’est aussi l’histoire de deux êtres qui se manquent avant d’être une magnifique histoire d’amour. J'ai particulièrement apprécié la façon (pas fleur bleue du tout, juste et concrète) dont l'histoire est menée: deux cow-boys perdus au coeur du Wyoming, visiblement tenaillés d'abord par leur manque affectif et physique, du moins en apparence, commencent par s'auto-persuader (Ennis, en particulier) que leur attraction réciproque n'est qu'un "écart", pour découvrir peu à peu qu'ils s'aiment... Voilà un parti pris de lucidité, de justesse et de réalisme tout à fait intéressant, qui fait que ce film va bien au-delà de la thématique sur l'homosexualité, en explorant la fragile frontière entre animalité et sentiments. Un film d'une rare justesse.
Vu le 5 mars 2006. Note: ***
L’avis de Télérama.
Bandes-annonces.

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