Lord of War

Publié le par Civetta

Lord of War

J’ai vu Lord of War ce soir, et je ne peux pas dire que j’en sois sortie indemme, ce qui prouve l’efficacité du film sans doute. Au-delà de ce que le film révèle (il y aura toujours des trafiquants d’armes vu que leurs fabricants sont les dirigeants de ce monde eux-mêmes - Chine, USA, Grande-Bretagne, France, nommément cités à la fin), et qui est en fait un gigantesque enfonçage de portes ouvertes, l’intérêt de Lord of War réside paradoxalement dans son didactisme simpliste. Construit sur des évidences, ce didactisme démonstratif permet de camper un personnage (Yuri, alias Nicolas Cage, excellent) digne d’une bande dessinée, qui fait ce boulot parce que “là-dedans [il est] bon”, ni plus ni moins que tous les dictateurs et terroristes de ce monde, en somme... Vision de la nature humaine pas si inintéressante que ça, et bien cynique, mais tellement lucide: si être “bon dans son domaine” (quel qu’il soit!) justifie notre présence sur terre, alors quid de la notion du Bien et du Mal, de l’humain et de l’inhumain? Côté esthétique cinématographique, j’ai été pour ma part gênée par la voix off (procédé qui souvent m’agace...), et du coup je ne suis entrée vraiment dans le film qu’au moment de la scène transfuge de la Mort aux trousses, où Nicolas Cage se retrouve paumé en plein Sierra Leone... Malgré ses nombreux défauts "artistiques" (quelques "américanismes" cinématographiques), ce film est tout de même sauvé par l'originalité de traitement de son sujet; bref, je le conseille.
Vu le 19 février 2006. Note: **

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