ExcellenteBérénice au TNT, du 3 au 12 avril 2008. Lamise en scène de Jean-Louis Martinelliorganise la tragédie autour d'un cercle
d'eau-miroir, entre deux portes: à droite, du côté de la passion et vers les appartements deBérénice,laquelle ne passe que très rarement dans la partie gauche de
la scène, vers l'autre porte qui conduit à l'espace de Titus (la gloire et l'Empire).Marie-Sophie Ferdane, pensionnaire de la Comédie-Française, campe unemagnifique Bérénice, face à un Titus (Patrick Catalifo,
décalé) un peu moins convaincant peut-être avec son jeu presque trop désinvolte (on se demande où, avec sa tenue style pyjama, il a laissé le litre de rouge, pour être aussi désabusé et détaché à
la fois... mais en même temps, cela s'accorde bien avec le personnage: en schématisant à l'excès, Bérénice apparaît ici comme une femme éprise d'un gros nase qui n'a même pas le courage de lui
annoncer qu'il la quitte, alors qu'elle ferait mieux d'ouvrir les yeux et d'aimer le courageux Antiochus, campé par un superbeHammou Graïa, lyrique et épique à souhait,
tout en étant dérisoire et drôle dans sa lucide perception de sa propre situation... Mais le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas: Titus l'aime et la quitte, "c'est peu d'être
constant, il faut être barbare", dit-il, mais c'est l'histoire d'un mec qui n'assume pas du tout la situation et la tragédie prend une dimension pathétique qui, pour finir, n'est pas si mal
reussie, même si l'on a un peu de mal à croire à la passion deBérénicepour un homme avec aussi peu de charisme, sauf à se
persuader de son aveuglement... féminin.
L'avis de Libération.Ceux qui n'ont pas
aimé... L'analyse de Fluctuat.net
Nuages de lait