Paranoid Park

Publié le par Civetta

paranoid-park.jpgLa plus grande réussite, la plus grande force de Gus Van Sant dans ce film, c'est d'avoir fait en sorte que, de bout en bout, le spectateur se retrouve dans la tête du jeune Alex. Du coup, aucun jugement de la part du cinéaste, aucune hypothèse clairement formulée, ni aucune analyse pseudo psychologique sur les raisons du comportement du jeune garçon: il s'agit d'un pur et simple constat de son déni du réel, de sa propension à tout subir (la copine qu'il plaque après avoir couché, alors qu'il souhaitait de toute façon se débarrasser d'elle avant, et du coup il passe pour le salaud de base..); l'adolescent subit même le pire, comme s'il vivait un film (ou plutôt un cauchemar) dont il ne maîtrise strictement rien et où tout s'enchaîne à le plonger dans la situation terrible dans laquelle il se retrouve.
Cinématographiquement, le scénario de Paranoid Park, tissé de flash-back et d'anticipations (dont on ne comprend que peu à peu qu'il s'agit de flash-back ou inversement d'anticipations) appuie magistralement cette assimilation du spectateur au point de vue d'Alex et c'est du grand cinéma, du grand style.
Vu le 18 novembre 2007. Note: ***
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