Les noces funèbres (Tim Burton)

Publié le par Civetta

Les noces funèbres

Jadis, il y avait Grimm et Andersen, aujourd’hui il y a Tim Burton. Dans les Noces funèbres, il renoue avec le style de L’étrange Noël de Monsieur Jack, version Orphée et Eurydice (d'ailleurs, le jeune Victor ne charme-t-il pas, exactement comme Orphée, grâce à sa musique qui, dans les Noces funèbres est le lien (le piano) entre les vivants et l'outre-tombe?). Virtuose dans les oppositions et les paradoxes visuels, Tim Burton renverse les attributs du monde des morts et du monde des vivants: aux vivants les couleurs de cadavres, aux morts les couleurs vives et les lèvres pulpeuses (de la jeune morte-vivante toute bleue (alias Elena Bonham Carter), qui a l'air affublée de la bouche d’Emmanuelle Béart!). Dans l’au-delà, les vicomtes pourfendus (Italo Calvino, es-tu là?) se coupent en deux pour laisser poliment passer les autres, les mortes donnent leur main au sens propre, les chiens d'outre-tombe prennent des airs consternés quand on leur demande de faire le mort...et les squelettes aux mimiques de Ray Charles s’éclatent en d’improbables numéros de jazz sur de xylophoniques ossements. La poésie de Tim Burton est intacte, et la morale de la fable n’a d’égale que celle des meilleurs contes de Grimm ou d’Andersen: point de paradis, ni ici-bas, ni dans l'au-delà, sauf si l'amour s'en mêle... Le mot de la fin (comme celui du début) est laissé au papillon: seul être coloré dans le monde des vivants, portant paradoxalement sur ses ailes les couleurs d'outre-tombe des Noces funèbres, éphémère, il symbolise le lien fragile qui nous relie à la vie.
Vu le: 21 octobre 2005. Note: ***

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