Nuages de lait

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L'air du thé

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Samedi 12 avril 2008
Excellente Bérénice au TNT, du 3 au 12 avril 2008.
La mise en scène de Jean-Louis Martinelli organise la tragédie autour d'un cercle d'eau-miroir, entre deux portes: à droite, du côté de la passion et vers les appartements de rénice, laquelle ne passe que très rarement dans la partie gauche de la scène, vers l'autre porte qui conduit à l'espace de Titus (la gloire et l'Empire). Marie-Sophie Ferdane, pensionnaire de la Comédie-Française, campe une magnifique Bérénice, face à un Titus (Patrick Catalifo, décalé) un peu moins convaincant peut-être avec son jeu presque trop désinvolte (on se demande où, avec sa tenue style pyjama, il a laissé le litre de rouge, pour être aussi désabusé et détaché à la fois... mais en même temps, cela s'accorde bien avec le personnage: en schématisant à l'excès, Bérénice apparaît ici comme une femme éprise d'un gros nase qui n'a même pas le courage de lui annoncer qu'il la quitte, alors qu'elle ferait mieux d'ouvrir les yeux et d'aimer le courageux Antiochus, campé par un superbe Hammou Graïa, lyrique et épique à souhait, tout en étant dérisoire et drôle dans sa lucide perception de sa propre situation... Mais le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas: Titus l'aime et la quitte, "c'est peu d'être constant, il faut être barbare", dit-il, mais c'est l'histoire d'un mec qui n'assume pas du tout la situation et la tragédie prend une dimension pathétique qui, pour finir, n'est pas si mal reussie, même si l'on a un peu de mal à croire à la passion de Bérénice pour un homme avec aussi peu de charisme, sauf à se persuader de son aveuglement... féminin.
L'
avis de Libération. Ceux qui n'ont pas aimé...
L'analyse de Fluctuat.net
par Civetta
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Lundi 7 avril 2008
Si vous avez raté Ilka Schönbein au Sorano ce week-end, ne la manquez pas la prochaine fois: on s'en souvient pendant dix ans... Je l'avais vue en 1998 au théâtre du Manège de Maubeuge dans "Le Roi Grenouille III" et j'étais restée si fascinée que j'ai couru voir Chair de ma Chair. Un spectacle sur l'enfance et sur la mère, tiré du roman du roman (roumain) de Aglaja Veteranyi, "Pourquoi l'enfant cuisait dans la polenta". Une lecture mise en scène par Ilka Schönbein, relatant l'histoire d'une enfance brisée: les images et métaphores visuelles sont fortes, voire violentes sans jamais tomber dans le franchement trash en dépit des sujets traités (inceste, viol, coups conjugaux) dans cette histoire de petite fille dont la mère est danseuse de corde dans un cirque... Dans cette fantasmagorie à mi-chemin entre la peinture de Munch, les corps décharnés et expressionistes d'un Egon Schiele ou le cinema muet fantastique, une roue de vélo symbolise l'engrenage de la violence intime, les ailes et les cuisses d'un plet plumé prêt à cuir s'animent tel une marionnette actionnée par des chaînettes à travers une petite fenêtre (déclenchant l'hilarité générale dans ce spectacle grave et amer), les visages-marionnettes sont des masques d'enfants-vieillards, sorte de répliques fripées de la mère-marionnette qu'est Ilka Schönbein sur la scène, un parapluie retourné figure la toile où une main araignée court de ses longs doigts crochus... Ilka Schönbein s'exprime en allemand, tandis que ses deux co-équipières animent le reste de la scène en voix off ou de leurs commentaires parfois ironiques... Lancer de poupées-doudous (à serrer dans ses bras pendant) au début du spectacle et dégustation finale, en bord de scène, de la polenta cuite ni vu ni connu au fil de l'histoire...
À ne pas manquer si l'on s'intéresse à ce type de poésie si parlante et si visuelle à la fois: "son théâtre mérite son nom, "Meschugge", ce qui veut dire "fou" en Yiddish" (
Mathieu Braunstein, Télérama, 20 janv. 2007).
Revue de Presse. Et ici aussi. Photos.
Ouvrage: Pourquoi l'enfant cuisait dans la polenta, ed. d'En-bas, l'Esprit des Péninsules, 2004.
Ilka Schönbein - Chair de ma chair
Au Théâtre Sorano. 3-4 et 5 avril 2008.
par Civetta
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Dimanche 23 mars 2008
Embarqué par la musique (parfois fellinienne) de Bruno Coulais et par les images d'un monde aussi fascinant que ceux des films de Tim Burton, le spectateur (adulte ou enfant de plus de 6 ans) sort de Max & Co avec l'envie d'y retourner pour mieux voir ce qui lui a échappé dans ce foisonnement de détails visuels qui enrichissent ce petit bijou de film d'animation (prix du public au Festival du film d'animation d'Annecy). Une profusion de clins d'oeil teintés d'un humour "faisant mouche" (c'est le cas de le dire...voir la scène de l'oraison funèbre du prêtre de Saint-Hilare à Madame Doudou, la marmotte matronne) nourrissent ce film hyper réussi: cela va du Fabuleux destin d'Amélie Poulain (la scène à deux sur la trottinette), à l'Étrange Noël de Mr Jack (et d'autres allusions ont dû m'échapper). Les voix de Lorant Deutsch et de Sanseverino, que l'on reconnaît vite, font le reste, dans ce monde fantasmatique, fabuleux et néanmoins capitaliste, où un homme araignée (forcément..), associé à une mouche capitaliste et décadente, invente des mouches mutantes pour s'enrichir en vendant toujours plus de tapettes à mouches, et où les musiques d'ascenseur deviennent de désopilants orchestres d'ascenseur.
À voir absolument!
Le
Site officiel du film. Sur le film, son histoire et sa conception...
Vu le 21 mars 2008. Note: ***

par Civetta
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