Lundi 2 mai 2005
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(Film d'Arnaud Desplechin,
2004)
Un conte de folies
ordinaires...Rois et Reines n'a rien à envier à Mankiewicz, ou Frank Capra pour la part d'humour décalé, même si la drôlerie est justement teintée d'une gravité existentielle
sur fond de tragédie à la Tenessee Williams, emportant les personnages dans un tramway nommé...culpabilité et mémoire. Dans "Rois et Reines", c'est l'excès d'amour ou d'admiration qui blesse et
entrave les êtres dans leur vie : le père d'Emmanuelle Devos, trop "roi" pour sa "reine" de fille, quitte le monde en père effrayé par sa Coppelia de fille qu'il a fini par haïr à force de
l'avoir trop adulée. Rarement un film n'avait aussi bien parlé de l'ambiguité des rapports parents-enfants, et du malheur d'avoir été trop aimé. Le sommet du film réside dans le dialogue final
entre le petit Elias, et un Mathieu Amalric
incandescent: littéralement traversé par la vie, mi-ange déchu, mi-Rimbaud du XXe siècle, Mathieu Amalric allie le charme et l'intelligence symbiotique des choses et des gens. Il crève
l'écran.
Vu le: 2 Février 2005, Cinéma Utopia,Tournefeuille (31).Note:
***
Par Civetta