Pour qui a vécu quelques années dans le département du Nord (ce qui est mon cas), on aimera Bienvenue chez les Ch'tis tant pour sa tendre dérision (ou auto-dérision) que pour sa grande capacité à faire revivre dans
le coeur du spectateur qui connaît bien le Nord l'âme même de la région: la simple générosité des gens qui ouvrent leur porte et offrent leur table, ou se liguent, solidaires, tout
simplement pour aider à se dénouer une situation affective compliquée, avec humour et tendresse. Les situations loufoques dans lesquelles se retrouve Kad Merad fraîchement parachuté du Midi reposent essentiellement sur un comique de langage désopilant. Pliée, j'étais,
à la scène du "je t'appelle et je te dis quoi" (un exemple parmi tant d'autres de la réussite des dialogues de ce film). Bref, il faut ch'ty aller (Line Renaud y est extra et la brève intervention de Michel Galabru décrivant le "Noooord" à Kad Merad sur le point de faire ses valises, tordante), mais il faut attendre peut-être que le succès se décante un
peu: c'est peu de dire qu'il y a foule, et à moins d'arriver assez tôt avant la séance (ou d'y aller à une séance tard le soir), on risque de rester dehors...
Note: ***. Vu le 7 mars 2008
Théâtre chanté plus que véritable opéra, Les Quatre Rustres de Wolf-Ferrari surprend, lorsque l'on connaît bien le texte des Rusteghi de Carlo Goldoni, par son extrêmme fidélité au texte du dramaturge. Le livret a l'air bien calqué
sur la pièce du grand maître du théâtre italien du XVIIIe dont il souligne d'autant plus la choralité, puisque les personnages chantent leurs rôles au lieu de les jouer comme dans la pièce. La
mise en scène de Grischa Asagaroff est satisfaisante, rythmée et réussie.
Vu le vendredi 29 février au Théâtre du Capitole. Les Rustres, mis en scène par Jean Vilar (avec Michel Galabru) au 15e festival d'Avignon en 1961 (archives de l'INA)
Marionnettes géantes ou machines
dignes de celles de Léonard de Vinci et comme issues d'un autre siècle, et réinventées, les Machines
de l'île àNantes sont un prélude au Manège des Mondes marins dont la poésie sera mille fois plus intéressante que ce que propose EuroDisney. Un futur échafaudage sur
plusieurs niveaux réunira l'étage aquatique et terrestre, surmonté de l'arbre aux hérons. Dans l'immédiat, il est passionnant de
venir découvrir d'une part les machines exposées dans la Galerie des Machines
(on peut monter dans chacune d'elle accompagné par les animateurs des lieux) ou d'une passerelle, venir admirer la partie atelier (immense hangar de fabrication). On y découvre la Raie
manta, le poisson pirate, le luminaire des grands fonds et surtout l'éléphant géant, qui barrit et crache son jet d'eau par la trompe
et fait son tour des ateliers et les lieux toutes les heures,
terminant par une impressionnante entrée par la Grande Nef: superbe à admirer du haut de la passerelle, plutôt que de monter dessus (à moins de
souhaiter passer 3/4 d'heure à se cailler, l'hiver, sur un éléphant de 12m de haut et 45 tonnes!) Cliquer sur l'éléphant et le poisson pirate ci-contre pour les video du poisson et de l'éléphant, et sur les autres photos pour les agrandir.
Nuages de lait